Les poudres à lever

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Indispensables dans de nombreuses recettes de pâtisserie, les poudres à lever permettent d’obtenir des textures aérées et régulières. Leur action repose sur une réaction chimique libérant du CO2, un gaz essentiel au développement de pâtes comme les cakes, madeleines ou génoises.

Dans les produits de boulangerie-pâtisserie, la texture constitue un critère majeur de qualité. Les textures aérées et alvéolées, recherchées dans de nombreux produits, résultent de la présence de gaz dans la pâte. Celui-ci peut être obtenu de différentes façons : formation de vapeur dans les pâte feuilletées, incorporation mécanique d’air au battage, fermentation des levures ou utilisation de poudres à lever.

POUDRES À LEVER : POUR QUELLES RECETTES ?

Les poudres à lever sont particulièrement adaptées aux recettes sans temps de repos ou riches en sucres (> 30 %), conditions qui limitent l’activité des levures. Elles sont largement utilisées dans les cakes, madeleines, beignets, biscuits, sablés, gâteaux secs et certaines génoises. Au-delà du volume, les poudres à lever contribuent aux qualités sensorielles des produits : texture plus légère, mie plus régulière, coloration et contribution au goût. Elles peuvent aussi aider à préserver la fraîcheur des produits au cours de leur conservation.

COMMENT ÇA MARCHE ?

Les poudres à lever associent un agent basique et un agent acide, parfois complétés par un support assurant une bonne dispersion des composants. L’agent basique est utilisé comme source de CO2, celui-ci étant dégagé soit par décomposition thermique, soit par réaction avec l’agent acide en présence d’eau.

Cette production de CO2 permet une première expansion de la pâte dès le mélange des ingrédients, la réaction pouvant se poursuivre pendant une éventuelle phase de repos. Elle est ensuite accélérée par la chaleur du four, jusqu’à ce que la cuisson fige la structure obtenue.

AGENT ACIDE + AGENT BASIQUE

Parmi les agents basiques les plus utilisés fi $gurent le bicarbonate de sodium, le carbonate de potassium et le bicarbonate d’ammonium. Côté agents acides, les formulations ont évolué au fil du temps. Les premiers agents étaient naturels : vinaigre, jus de citron ou crème de tartre. L’introduction des phosphates au début du XXe siècle a ensuite permis de mieux maîtriser la cinétique de réaction et le développement de la pâte au cours du procédé. On distingue aujourd’hui trois grandes familles d’agents acides : l’acide tartrique et ses sels tartriques, la glucono-delta-lactone et les phosphates, notamment les diphosphates ou pyrophosphates de sodium, de potassium ou de calcium, et le phosphate alumino-sodique, autorisé spécifiquement dans les génoises.

Les formulations associent généralement bicarbonate de sodium, un ou plusieurs acides et un agent de séparation, comme l’amidon, pour améliorer la dispersion.

D’UN POINT DE VUE RÉGLEMENTAIRE

Les poudres à lever sont encadrées par le Règlement UE n°1333/2008, qui les définit comme « des substances ou combinaisons de substances qui, par libération de gaz, accroissent le volume d’une pâte. » Le texte précise les poudres à lever autorisées dans les produits de boulangerie, viennoiserie et pâtisserie, ainsi que certaines limites d’utilisation. Il impose également leur mention dans la liste des ingrédients sous la catégorie « poudre à lever » accompagnée du numéro ou du nom de l’additif.